| 1. La famille n’est pas un espace égalitaire Contrairement à ce que la phrase suggère : - il y a des rôles imposés, - une hiérarchie non négociable, - des loyautés obligatoires. |
En entreprise, cela peut devenir : - « tu dois comprendre », - « on ne compte pas ses heures », - « on fait des efforts pour la famille ». Le don devient une obligation morale. |
| 2. La famille est le lieu où les limites sont les plus floues Dans beaucoup de familles : - on ne choisit pas les personnes, - on ne peut pas poser facilement des limites, - les conflits sont rarement arbitrés de façon neutre. |
Transposé à l’entreprise : - pas de séparation claire pro / perso, - attentes implicites, - non-dits, - culpabilisation. |
| 3. La famille est aussi… un lieu de violences C’est un fait sociologique (et statistique) : - violences psychologiques, - abus de pouvoir, - domination, - secrets, - chantages affectifs. |
Donc dire : « Ici, c’est une famille » peut inconsciemment activer : - la peur, - la soumission, - le silence, - l’acceptation de l’inacceptable. Surtout pour des personnes qui ont une histoire familiale compliquée. |
Un « père » n’est pas tenu par le droit du travail, il agit « pour ton bien » mais selon sa propre définition. Il peut être intrusif, contrôlant et complètement arbitraire.
Si le patron est le "bon père de famille", il est peut-être protecteur, mais aussi tout-puissant, et décide ce qui est bon pour les autres.
Quel est le problème ?
On sort du contrat de travail et on entre dans la loyauté affective.
Quand on fait ce constat, on n'a clairement pas envie d'entrer dans une entreprise-famille. Une entreprise n’a pas à reproduire la famille. Elle doit au contraire offrir un cadre clair, des règles explicites, des droits, des responsabilités, des protections, des recours.
Ces mots impliquent un engagement volontaire, des règles claires, la possibilité de dire non, la sortie possible sans drame.
On croit l'expression affective rassurante, mais le cadre protège plus que l'affect !

« Dans une pension, ce n’est pas le mot “bon père de famille” qui soigne un cheval blessé,
c’est un protocole de surveillance, d’alerte et d’information. » © LGG
À l’origine, cette expression (juridique) est utilisée dans les contrats de pension de chevaux et veut dire que le gérant de la pension fait preuve de prudence, diligence, attention raisonnable, et d'un comportement responsable et prévisible. Dans le monde du cheval, ce "bon père de famille" a l'image de l'homme de cheval, celui qui sait, veille, observe, informe et prend soin du vivant. Il s'agit de responsabilités.
Aujourd’hui, dans beaucoup de pensions, le terme est resté, mais le sens et la posture ont disparu !
On assiste ainsi à une obligation de moyens floue, peu de traçabilité, peu de communication, une dilution de la responsabilité.
Le cheval se blesse, le propriétaire n'est pas prévenu, le cheval n'est pas soigné. Le propriétaire découvre les problèmes lors de ses visites : ni cadre, ni règles, ni protection réelle.
Dans les deux cas, on invoque une "figure morale", au lieu de décrire des "obligations concrètes".
Les mots servent aujourd'hui à rassurer, à éviter de détailler, et à éviter de s’engager précisément.
Ces deux expression semblent rassurantes… mais seulement tant que tout va bien.
Elles ne font que remplacer l'absence de cadre et le jour où il y a un problème, on s’aperçoit que ces mots ne protègent plus personne.
Moins de mots affectifs, et plus d’engagements concrets.
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