L'Equitation Pédagogique

cheval
©Laurence Grard Guenard
galop7

Les Rênes Allemandes

 

Les rênes allemandes sont également appelées rênes coulissantes. Il s'agit de rênes beaucoup plus longues que les rênes habituelles, qui partent de la sangle, passent par les anneaux du mors et remontent dans la main du cavalier. L'attache fixe se situe au poitrail, et les rênes coulissent donc dans les anneaux du mors, soit quand le cavalier modifie leur longueur, soit quand le cheval bouge la tête. 

rene allemande

A quoi servent-elles ?

Quand elles sont bien installées, elles déterminent le niveau de relèvement de l'encolure maximale que la tête ne doit pas dépasser. En fait, elles ne sont pas "ajustées" comme on l'entend pour des rênes normales, elles ne sont tendues que si le cheval relève l'encolure au dessus d'un point choisi avec raison. L'angle tête-encolure doit rester ouvert, les rênes allemandes ne servent absolument pas à mettre en main. 

rene allemande

Comment agissent-elles ?

La force exercée sur la bouche est la résultante des deux forces dirigées vers les points arrière des rênes, c'est à dire une bissectrice entre la main et le point d'attache à la sangle. L'action s'applique sur les barres avec une tension multipliée par 1.5 par rapport à l'action initiale de la main du cavalier. Elle est dirigée entièrement vers l'arrière. 

Dans quelle contexte ? 

Les rênes allemandes sont sensées corriger une positon trop haute ou retournée de l'encolure. Elle l'oriente donc dans une direction désirée, sans la contraindre à une place unique. Le cheval conserve la liberté des mouvements de sa tête, liberté dont il a besoin par exemple pour se plier, tourner, regarder. Toutefois limité dans son amplitude, le cheval rentre plus facilement dans le couloir des aides, mais les rênes allemandes elles-mêmes n'éduquent pas.

- En longe : plusieurs triangles possibles

- En liberté : plusieurs triangles possibles

- En monte sur le plat : deux triangles possibles avec une attache soit au poitrail, soit sur les flancs.

- En monte à l'obstacle : deux triangles possibles avec une attache soit au poitrail, soit sur les flancs. A noter que les rênes allemandes limitent le passage de la ligne du dessus lors du saut, et que les antérieurs peuvent dangereusement se prendre dans les boucles basses au moment où ils sont retroussés. 

Trop courante : la mauvaise utilisation !!!

rene allemande

Les rênes allemandes constituent un puissant abaisseur que certains cavaliers auront tôt fait d'utiliser au delà de la raison. Ainsi, il n'est pas rare de voir un cheval "mis en main" par une tension excessive des rênes coulissantes, le conseil venant même parfois d'enseignants ! 

Réalisant rapidement le pouvoir de soumission des rênes allemandes, le cavalier peureux les adopte en permanence, sans avoir conscience des problèmes que cette mauvaise utilisation engendre : 

- Lorsqu'elles sont tendues en permanence, le cheval prend un point d'appui vers le haut, il résiste, et inverse l'effet voulu. Ce faisant, il creuse redoutablement son dos, inversant toute sa musculature, et surtout ne développant pas celle lui facilitant le portage de son cavalier. Sitôt les rênes otées, le cheval remontera encore plus la tête. 

- Trop tendues, elles enferment le cheval, conduisent à l'encapuchonnement et compromettent la locomotion : cheval derrière la main ou refus de la main, cheval rétif, altérations de la locomotions, boiteries...

- Une utilisation fréquente fausse l'action des vraies rênes, le cheval n'y est donc pas éduqué. 

- Forcer la flexion de nuque maltraite la langue, les barres, provoque une contraction généralisée des machoires, de la nuque et des épaules, limitant ainsi le mouvement des antérieurs. 

- L'encapuchonnement roue l'encolure au lieu de l'étendre, favorise le retrait des antérieurs sous la masse et avance le centre de gravité : le cheval est déséquilibré sur les épaules. 

- La tension augmente au fur et à mesure que le cheval baisse la tête, c'est à dire qu'il obéit !!! Il devrait au contraire, en obéissant, trouver du confort.



rene allemande






Pédagogiquement :
Les rênes allemandes ne sauraient remplacer le travail moelleux des doigts sur les rênes qui asure une contact permanent et intelligent avec la bouche.
Elles ont rempli leur mission quand elles deviennent complètement inutile en toute occasion et à condition de ne pas être remplacé par un autre moyen de coercition (bride, mors à gourmette...).  Le but final pour le cavalier consiste à abandonner tout artifice pour faire appel à ses seules aides naturelles.


Voir aussi
Le gogue
Extension d'encolure

Bibliographie :